Romain Godest auteur
Romain Godest auteur

9 conseils pour les salons du livre

Table des matières

Dédicacer sur les salons du livre n’est pas un exercice facile. Aurez-vous des lecteurs ? Comment passer le temps ? Vais-je vendre des livres ? Autant de questions qui nous torturent tous. Pendant des années, j’ai eu l’occasion d’être invité sur de nombreux salons littéraires. J’y ai rencontré des auteurs avec qui nous avons échangé des conseils et astuces pour mieux optimiser notre présence.

Je vous dévoile tout   ! 

1 – Sur les salons du livre, vous êtes auteur professionnel !

Pour débuter, il faut garder à l’esprit que vous êtes un(e) professionnel(le). Bien sûr, il y a peu de chance que vous viviez de votre métier. Je connais très peu d’auteurs qui vivent de leur plume, c’est-à-dire uniquement des revenus de leurs romans. Mais vous êtes un auteur publié (auto-édité ou à compte d’éditeur). Vous voilà donc professionnel de l’écriture ! 

Vous êtes là pour vendre des ouvrages. C’est l’objectif principal des salons du livre. Le libraire, l’éditeur, ou vous-même si vous êtes en auto édition, a payé le stand. Et il faut respecter ça. Il y a quelques années, j’avais du mal à vendre et mon ami Brucero, qui est illustrateur dans l’univers celtique (c’est lui qui a réalisé à mon humble demande les couvertures de La légende de Kaelig Morvan aux éditions Ouest-France), m’avait dit de me bouger. Sinon c’était vraiment du temps perdu pour moi, l’éditeur et pour le libraire.

Du coup, j’ai écouté ses conseils et sur certains salons, il m’est arrivé ensuite de vendre jusqu’à 50 romans. C’était assez rare bien sûr, ma moyenne étant plutôt autour de dix-quinze ouvrages par salon. Brucero m’a invité à aller vers les visiteurs et ne pas rester derrière ma table à attendre patiemment. Il fallait susciter l’intérêt, ce qui nous mène au deuxième point. 

2 – Imprimez des flyers pour vos salons du livre

Flyers, marque-pages, goodies, tout est bon pour nouer le contact. En fait, il vous faut un petit support en main que vous pouvez tendre aux visiteurs.

Il faut savoir que dans un salon du livre, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’ouvrages. Le champ visuel des visiteurs est obstrué, un peu comme dans une librairie. Il y a des bouquins partout et qu’est-ce qui fait qu’un livre va vous attirer plus qu’un autre ? C’est la couverture. 

Sur les salons littéraires, il va falloir aller plus loin parce qu’il y a cette méfiance à approcher de l’auteur. Un peu frileux, ils ne savent pas comment aborder un romancier. C’est assez déstabilisant finalement. Et voilà qu’avec un flyer à offrir, vous créez un contact visuel et physique avec eux.

Grâce à ce support, vous allez pouvoir attirer le regard sur vos livres, peut être échanger quelques mots s’ils le souhaitent. En tout cas, il y a de fortes chances qu’ils viennent vers vous. Et même s’ils ne sont pas intéressés sur le coup, ils feront le tour du salon avec votre flyer en main. De quoi revenir plus tard après avoir lu votre présentation à l’écart sans le stress du regard (du chat dans Shrek) de l’auteur. 

Pensez à imprimer un flyer assez rigide, pas quelque chose qu’on plie et qu’on met dans la poche. Il faut de l’épaisseur, comme pour une carte de visite. 

Cette technique est vraiment efficace pour attirer les visiteurs sans les gêner. 

3 – Faites une promotion sur vos romans

Pour l’avoir testé maintes et maintes fois, ça marche vraiment très bien. En France, nous sommes friands de promotions et autres réductions. C’est à voir avec l’éditeur ou le libraire selon le cas. Si vous êtes en auto édition, vous décidez vous même, donc c’est parfait. 

Si vous avez une série de romans vous pouvez proposer un pack “trilogie” avec une réduction de 10 à 20%. Vous placez une petite affiche et vous verrez que cela attire le regard des visiteurs. Je ne compte plus le nombre de trilogies du Sort de Gaïa (avant la sortie du 4ème tome) ou de La légende de Kaelig Morvan (désormais “Aela”) que j’ai vendues ainsi. 

Le but des salons du livre, c’est de vendre. Mais au delà de ça, il faut penser à se faire connaître auprès des lecteurs et libraires. Les promotions servent aussi à ça. 

4 – Un stand attractif et cohérent

Il y a quelques années, j’ai rencontré une auteure sur un salon. On a très vite sympathisé et nous nous sommes suivi sur plusieurs salons du livre. Elle s’appelle Anne Chevalier Maho et elle vendait plus que n’importe qui. 

Honnêtement, je n’ai jamais vu quelqu’un vendre autant de livres qu’elle. C’était assez impressionnant. Elle avait ça dans le sang et son stand était magnifique. Toujours debout avec son grand sourire, elle accueillait les visiteurs derrière une haute pile de romans. Le stand était bien plus élaboré que les autres : kakémono, nappe, supports visuels, goodies, marque-pages, leds, bonbons…tout pour attirer l’oeil des visiteurs. En bref, on avait tous envie d’y aller. C’est d’ailleurs ainsi que je l’ai abordée la première fois. 

Et vous savez quoi ? Elle vendait plus que tout le monde. Bien plus ! 

Donc, réfléchissez bien avant d’aller sur d’autres salons et voyez ce qui se fait. Et soyez cohérent avec votre univers. Si vous êtes comme moi dans la fantasy, vous pouvez opter pour une nappe simili-velours (ou simili-cuir) verte qui rappelle un peu le côté magie et nature, ou une pourpre avec différents éléments en bois.

Voilà des choses qui créent un univers autour de vos romans. Ça donne pus envie qu’une table de salle des fêtes, non  ? 

5 – Préparez votre pitch de présentation

Alors là, c’est compliqué, car vous allez devoir vous mettre dans la peau d’un vendeur et ce n’est pas une mince affaire. Personnellement, j’ai toujours détesté ça et je suis assez médiocre. C’était vraiment l’aspect qui me stressait le plus sur les salons du livre. C’est aussi ce qui m’a poussé à refuser des invitations. 

Vendre des livres, nous sommes là pour ça. Mais vendre son histoire à un visiteur, c’est autre chose. Là, on ne raconte plus son histoire comme à ses amis. On raconte dans le but de vendre. Et même si vous essayez de vous leurrer, il y a aura toujours cette petite voix qui vous rappellera que vous souhaitez que le visiteur achète votre livre. 

Et c’est quelque chose d’assez déstabilisant. Pourtant, il faut passer au-delà de cette barrière parce que, comme je l’ai expliqué dans le point numéro un, le libraire, l’éditeur ou vous-même avez payé le stand et il faut respecter ça. Du coup, l’idée c’est de vendre aussi pour eux et pas uniquement pour la fierté de dédicacer votre histoire. Et pour ce faire, il faut préparer votre argumentaire pour ne pas bafouiller.

Un auteur hésitant à parler de son roman ne donne pas envie. Si vous n’y croyez pas, les lecteurs non plus. Il faut alors réfléchir à un pitch d’une trentaine de seconde à une minute pour résumer votre roman et mettre en avant vos personnages. 

Vous pouvez très bien préparer une anecdote sur le processus d’écriture ou sur un de vos personnages. C’est vous qui voyez. Il faut juste vous demander comment vous allez pouvoir donner envie aux visiteurs d’en découvrir davantage et d’acheter vos livres. Réfléchissez aux bande-annonce de cinéma et ce qu’elles dévoilent. 

Et surtout, qu’est ce qui fait la différence de votre roman par rapport aux autres ? Quel est le petit plus  ? 

6 – Prenez des notes !

Lors des salons du livre, il y a de grands moments de solitude. Je ne vais pas vous mentir. Vous allez vous retrouver seul. Par moments, il n’y aura pas de visiteurs ou alors ils passeront sans vous regarder. Ces moments sont assez longs et démoralisants.

C’est à ce moment-là que vous devez sortir votre joli carnet de notes. Vous verrez que votre esprit va se libérer que vont venir beaucoup d’idées pour vos futurs romans. La solitude fait partie du quotidien des auteurs sur les salons littéraires. À vous de l’exploiter.

Et ne croyez pas vraiment celles et ceux qui affirment qu’ils n’ont pas une minute à eux. J’ai rencontré des auteurs qui prétendaient dédicacer sans interruption alors que je savais pertinemment que c’était faux. C’est le problème de l’égo. La moyenne nationale de vente de livre sur les salons est de 10 par auteur. Sur une journée de 8 heures, je vous laisse faire le calcul. Même les auteurs célèbres ont parfois des périodes de creux. J’ai pu l’observer personnellement. 

Ne pas vendre ne veut pas dire que vos romans sont mauvais. Ce n”est pas du tout ça. Cela veut juste dire que les visiteurs n’étaient pas là. Ce n’était pas le bon moment. Peut être faut-il aussi se remettre en question sur les couvertures de vos ouvrages ou sur votre comportement ? 

Prenez-donc des notes pour vous occuper et parfois permettre aux visiteurs de ne pas affronter votre regard de chien battu. Ça peut aider  ! 

7 – Allez voir les éditeurs ! 

Cette fois ci, nous allons passer de l’autre côté. Quittez votre stand pendant les périodes de creux (vers 12h30-13h00) et allez vous balader. Vous changez de rôle pour aller à la rencontre des éditeurs. 

C’est vraiment important de profiter d’un salon littéraire pour rencontrer d’autres professionnels. 

Vous aurez autour du cou un badge qui certifie que vous êtes un auteur invité et cela vous donne un gage de confiance. Vous êtes pas juste un visiteur/jeune auteur en promenade qui a préparé un manuscrit vite fait et qui veut le soumettre à un éditeur.

En confiance, l’éditeur acceptera sans problème d’échanger avec vous. C’est donc l’occasion de vous faire connaître, de savoir comment l’éditeur souhaite que vous lui transmettiez un manuscrit ou de lui demander ce qu’ils recherchent en ce moment. Est ce qu’il y a des tendances, des collections qui vont lancer ?

Petite anecdote qui remonte à presque 20 ans maintenant : je n’étais pas encore romancier.  J’écrivais des scénarios de bande-dessinée à l’époque. En fait, j’avais un dessinateur qui se débrouillait bien avec qui nous avions préparé plusieurs planches bien abouties. Je m’étais rendu au festival de la bande-dessinée de Perros-Guirec où se trouvait Patrick Hourcade alors directeur éditorial des éditions Glénat. Rien que ça ! J’ai pu obtenir un entretien en tête-à-tête pour lui présenter nos planches et le scénario complet avec l’histoire, le synopsis, les personnages, les dialogues…

Il a pris le temps de regarder l’ensemble, puis m’a dit clairement qu’il fallait que j’arrête. Je n’étais pas fait pour la BD. J’avais une plume de romancier. J’étais bien évidemment très déçu (abattu), car j’y croyais réellement. Puis j’ai pris le temps de la réflexion et me suis lancé dans l’écriture.  Quelques années plus tard, j’ai publié ma première série, Le sort de Gaïa, qui a été rééditée en 2017 par les Éditions des montagnes noires suite à la sortie du 4ème tome. 

C’est donc grâce à Patrick Hourcade que je suis devenu auteur. Il ne le sait pas et ne se souvient probablement pas de moi, mais je lui dois beaucoup parce que sa franchise et sa bienveillance m’ont permis d’avancer. 

Voilà pourquoi il ne faut pas hésiter à aller rencontrer les éditeurs et échanger avec eux. Choisissez le bon moment. Ne les déranger pas lorsqu’ils sont occupés. Soyez patient et tout ira bien. 

8 – En mode groupie ! 

Lorsque vous irez dédicacer sur certains salons, vous rencontrerez certainement des auteurs célèbres. Là encore, il ne faut pas hésiter à les aborder. Bien sûr, il ne faut pas jouer les gros lourds insistants, mais échanger quelques mots avec un “confrère” ou une “consoeur” n’est pas interdit.

L’idée n’est pas d’obtenir forcément quelque chose de leur part, mais de satisfaire votre curiosité. Sur un salon, l’ego prend une sacrée claque lors des moments de solitude. Alors autant se faire plaisir en discutant quelques instants avec des “stars” de l’écriture. 

Bien sûr vous pourrez tomber sur des gros cons. Soyons honnête ! J’ ai discuté avec un prix Goncourt (né dans l’univers du livre avec un père célèbre) une fois et il était parfaitement odieux. Un de mes collègues plus aguerri à l’époque l’avait d’ailleurs remis en place ouvertement. 

Mais bon, je préfère nommer ceux que j’ai rencontrés et qui m’ont marqué. 

Et le premier de la liste est Bernard Werber. Je l’ai rencontré au Salon du livre en Bretagne, à Vannes, il y a une dizaine d’années. Je dédicaçais avec de nombreux autres auteurs et le soir, nous nous sommes rendus sur l’île aux moines en bateau (évidemment) pour dîner. En grande pompe, ce salon ! C’est là que j’ai eu l’occasion de discuter avec lui brièvement. J’aimais beaucoup l’auteur et j’ai vraiment apprécié la personne. Ce fut une source d’inspiration pour les années à venir. Bernard Werber est vraiment un anti-élitiste et c’est ce que j’apprécie aussi chez lui. Il donne de l’espoir au “petits auteurs”. 

L’autre rencontre marquante fut avec Olivier Ledroit. Si vous ne le connaissez pas, il s’agit d’un dessinateur-illustrateur de grand talent qui a notamment publié Les Chroniques de la lune noire chez Glénat. Je l’ai rencontré au Centre de l’imaginaire arthurien, au château de Comper. J’y dédicaçais entouré de monstres de l’édition comme Brucero, John Lang ou encore Pierre Dubois. Bref ! Je me recroquevillais comme un oisillon sorti du nid. Pendant toute la journée, j’étais donc assis aux côtés d’Olivier Ledroit qui discutait avec moi tranquillement comme si nous nous connaissions bien. Encore une rencontre incroyable ! 

Ma dernière rencontre anecdotique fut avec le Captain Paul Watson. J’ai la chance de parler suffisamment bien l’anglais maritime de par mon ancien métier et j’ai pu échanger avec le célèbre défenseur de la mer lors du festival Étonnant Voyageur à Saint-Malo. Un grand moment avec ce flegmatique et charismatique personnage. 

Sur les salons du livre, votre statut d’auteur invité vous permettra d’aborder plus facilement ces auteurs. Ne vous en privez pas  ! 

9 – Le réseau, toujours le réseau

Le dernier point est très simple  : vous devez garder le contact après le salon avec les auteurs, libraires, organisateurs, éditeurs… Le monde du livre est tout petit et c’est clairement un réseau. 

Les auteurs se donnent des tuyaux entre eux. Ils se parlent des salons auxquels ils sont allés, des salons où ils ont été bien reçus ou l’inverse, car ça arrive aussi. Dans la plupart des cas, les organisateurs nous accueillent chaleureusement. Gardez-donc le contact avec eux ! Ils seront tentés de vous réinviter sur les prochains salons. 

De même, avec les libraires. C’est toujours intéressant d’avoir leur retour, car ce sont eux qui vendent vos livres. Ils connaissent bien le marché et les tendances. 

Le monde du livre, c’est du réseau. Ce n’est pas un hasard si la plupart des grandes maisons d’édition sont toutes dans le même quartier à Paris et si le Goncourt est partagé entre 3 ou 4 d’entre elles. Tout se joue autour d’un café ou d’un verre de vin. 


Se rendre sur un salon littéraire, c’est passer une journée éprouvante. Une fois que vous avez passé la barrière de l’angoisse du commercial, vous prendrez du plaisir à échanger avec les lecteurs et faire du réseau.

N’hésitez pas à partager vos expériences ou vous doutes concernant les salons du livre dans les commentaires. Le partage d’expérience est toujours bon à prendre. 

En attendant, je vous dis à très bientôt et écrivez bien.

À propos

Romain

Auteur passionné par l’heroic fantasy, j’aide aujourd’hui les romanciers à écrire leur roman. 

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