Romain Godest auteur
Romain Godest auteur

Comment finir un roman grâce à ses personnages

Table des matières

Finir un roman n’est pas un exercice facile. En réalité, il y a bien plus de manuscrit inachevé que de romans publiés. La principale raison est le manque de préparation. Les auteurs se lancent trop souvent dans la phase d’écriture sans s’être bien documenté. Pour ne plus abandonner votre histoire en cours de route, les personnages sont la clé. 

Finir un roman grâce aux personnages

La première chose qu’il faut garder à l’esprit, c’est que les personnages sont plus importants que l’histoire. Personnellement, c’est le constat que j’ai fait. L’histoire, évidemment, compte beaucoup, mais les personnages bien plus encore. Je serais prêt à suivre dans n’importe quelle aventure, même une insignifiante, des personnages incroyables.

Alors que des personnages « moyens » ou un peu fades qui vivent une aventure extraordinaire, c’est beaucoup moins intéressant. Donc pour moi, les personnages sont la clé. C’est vraiment l’élément qu’il faut approfondir le plus dans un roman, parce que tout récit est avant tout une aventure humaine.  C’est ce que le lecteur recherche également dans un dans un roman. 

Beaucoup d’auteurs ont du mal à finir un roman. 1/3 des Français on envie d’écrire un livre ou ont déjà commencé. Et on compte, selon les études 1,4 millions de manuscrit achevés qui dorment dans un tiroir. Je vous laisse imaginé le nombre de manuscrit inachevés…

Au bout de 100 pages, voire moins, beaucoup s’arrêtent sans jamais plus  y revenir.

Attention ! Il ne s’agit pas d’un syndrome de la page blanche. C’est vraiment différent. Il ne s’agit pas d’une panne sèche, mais bien d’une baisse de motivation. Vous n’avez plus envie d’écrire. C’est très courant. Moi même, j’ai plusieurs manuscrits qui sont inachevés dans mes tiroirs parce que je me suis mal préparé, parce que j’ai commis plein d’erreurs en me précipitant. Je sais ce qu’il faut faire, mais je balaye ça de la main par flemme. 

Je vais maintenant vous expliquer comment éviter ce problème.

Finir un roman parce que vous êtes un fan

Tout d’abord, il faut créer des personnages que vous aurez hâte de retrouver. C’est vraiment important qu’à chaque fois qu’un protagoniste entre en scène, vous vsentiez l’excitation monter. Vous devez être impatient de découvrir ce qu’il va dire, content de ce qu’il va faire.

Au moment où je retranscris ce podcast par écrit, il est 17h00. J’ai plusieurs autres choses à boucler avant le dîner, mais je trépigne d’impatience de retourner dans mon bureau, car je sais que je vais reprendre l’écriture de mon roman. Et le cinquième chapitre présente un nouveau personnage que j’ai hâte de mettre en scène. J’ai hâte de le faire parler, de le faire évoluer. Et c’est pareil pour les autres protagonistes. Je suis leur premier fan. Là est ma motivation. Et j’ai dû modifié l’histoire et reprendre tout (après avoir écrit près de 80 pages quand même), car un de mes personnages sonnait faux. Il ne m’intéressait pas. 

Qu’il soit bon ou mauvais, un héros ou un grand méchant, quel que soit le protagoniste, même un figurant, vous devez être impatient de raconter son histoire. C’est ainsi qu’on peut finir un roman. C’est quelque chose qui doit vous stimuler. En fait, si vous avez envie de retrouver ces personnages, le pari est gagné et vous ne connaîtrez pas le problème du roman inachevé. Il y a aura peut-être des moments de doutes. C’est normal, c’est nécessaire même pour se remettre en question. Mais dans tous les cas, vous aurez envie de reprendre l’écriture parce que vous voulez retourner dans l’aventure avec vos personnages. Et autant vous le dire, ils vont devenir plus que des personnages à vos yeux. vous aurez l’impression qu’ils sont autour de vous, que vous les connaissez réellement. 

Pour le Sort de Gaia, j’avais écrit une trilogie au départ. Nous avons décidé de publier un quatrième tome avec l’éditeur plusieurs années après la sortie du tome 3. J’étais heureux comme tout de retrouver mes personnages, d’apprendre à les connaître à nouveau, de voir comment ils avaient évolué. 

Ainsi, vous comprenez l’importance de créer des personnages que vous aurez hâte de retrouver. Et si ce n’est pas le cas, si vous ne ressentez pas cette excitation, arrêtez tout. Changer vos personnages, recommencer à zéro s’il le faut. Mais si vous même, en tant qu’auteur, vous n’avez pas hâte de retrouver les protagonistes, il n’y a aucune raison que vos lecteurs et lectrices le souhaitent.

Il faut savoir parfois abandonner. Ne le vivez pas comme un échec. Croyez-vous que Tolkien a écrit Le Seigneur des anneaux d’une traite ou que Steve Jobs a créé une version parfaite de son iOs dès le premier essai ? Il faut apprendre de ses erreurs. C’est la clé du métier d’écrivain pour enfin finir un roman. 

Et pour qu’un personnage vous donne envie, il doit être authentique. C’est vraiment quelque chose d’important. Donnez-lui des failles et des faiblesses, des forces et des convictions. Faites-en un être humain en plus captivant. Un peu comme Druss la légende ou Tenaka Khan de Gemmel. Ce sont des personnages d’heroic fantasy incroyables qu’on suivrait jusqu’au bout du monde parce qu’ils semblent invincibles. Pourtant, ils ont leurs faiblesses.

finir un roman personnage

Le trait de caractère exceptionnel de vos personnages

Tous vos personnages doivent être exceptionnels. Sans exception ! C’est une des clés pour finir un roman grâce à ses protagonistes. 

Il n’est pas question qu’ils soient tous des héros. Exceptionnel sous-entend sortir de l’ordinaire de différentes manières. Tenir tête à une armée alors que tout est perdu, aider un homme que la foule condamne sans jugement, rester digne dans la pauvreté ou tout simplement oser le changement. La plupart des gens ne supporte pas l’imprévu et encore moins le changement. Le terme « sortir de sa zone de confort » est bien connu de nos jours, car nous y restons tous pour la plupart. 

Prenons quelques exemples connus !

Frodon Sacquet dans Le Seigneur des anneaux est exceptionnel par sa résistance à l’anneau. Il n’a ni lignage ni compétences particulières en combat. Il a eu une vie plutôt confortable avec son oncle Bilbon. Et il doit sa résistance également à cette naïveté (et au fait que Sauron ne connaissait pas les Hobbits lorsqu’il a créé les anneaux de pouvoir). Ils ne recherchent ni la possession ni le pouvoir. Rajouton

Rajoutons à Frodon son indéniable courage ! En osant quitter la comté et tout au long de l’aventure, il est confronté à des dangers qu’il ne connaissait pas.

Toujours dans Le Seigneur des anneaux, Sam Gamegie est également exceptionnel. Ce qui le rend différent est sa loyauté (et sa foi) envers Frodon. Il est prêt à tout pour lui. C’est extraordinaire. Peter Jackson a forcé ce trait de caractère dans les films pour mieux retranscrire ce personnage de Tolkien. 

Prenons maintenant un personnage, dans Game of Thrones cette fois-ci. Il s’agit de Cersei Lannister. La désormais célèbre soeur de Jaime est exceptionnelle par son caractère impitoyable et sa force intérieure (puis sa folie). Elle est dure, inflexible. C’est fascinant. Chacune de ses apparitions dans la série (je n’ai pas lu tous les romans) créent une atmosphère pesante, car elle est imprévisible. C’est quelque chose de marquant. Lorsqu’on songe à ce personnage, on voit tout de suite ce caractère dur, prête à tout.

Sortons du contexte heroic fantasy pour nous concentrer sur un personnage qui me fascine : Phileas Fogg dans Le Tour du monde en 80 jours. Je suis un grand fan de Jules Verne et Philéas Fogg est peut-être mon personnage préféré. C’est un brillant visionnaire, mais c’est son incroyable flegme qui fait de lui ce qu’il est. Même quand il s’enfonce dans un marécage, il demeure stoïque et il attend les bras croisés tranquillement. Fascinant ! 

En dernier exemple, je souhaitais évoquer un type de personnage vraiment fascinant. Pour finir son roman, il n’y a pas mieux. 

Il s’agit de Luffy de One Piece et de Naruto. Ces deux personnages les mangas sont vraiment intéressants. Ils possèdent bien sûr un grand pouvoir, mais rien d’exceptionnel en soi. Leur véritable force réside dans leur capacité à fédérer leurs compagnons autour à leur cause. Leurs amis leurs vouent une confiance sans faille. Ils ont toujours envie de les suivre. C’est une force incroyable dans une aventure. Ils s’entourent ainsi d’alliés puissants.

C’est donc grâce à ces personnages que vous aurez envie de continuer l’écriture. Finir un roman devient alors un jeu d’enfant. Ou presque…

L’arc des personnages

Un dernier point est crucial pour que vos personnages puissent vous aider à achever votre roman : l’arc. Il s’agit de l’évolution d’un protagoniste entre le début et la fin de l’aventure. Suite aux nombreuses péripéties, vos héros vont forcément évoluer. Qui ne le ferait pas ? 

Comme nous l’explique Vogler dans le guide du scénariste, tous les héros suivent un schéma classique appelé le voyage du héros. L’évolution de vos personnages sera généralement importante. Ils vont être confronté à la mort, à l’amour, aux drames et aux joies et peut-être même à la défaite. Il y a une espèce d’ascenseur émotionnel qui va se mettre en place. Et si vous connaissez l’arc de vos personnages, si vous savez ce qui va leur arriver à la fin, vous aurez très souvent hâte de les retrouver. Je ne parle pas de connaître tout avec précision. Il faut juste un arc narratif établi qui vous guide.

Après, c’est à vous de vous en éloigner légèrement. Connaître leur arc va vous inciter à atteindre le dénouement, à vouloir que vos personnages s’en sortent. Ils vont enfin s’en sortir. Ils vont enfin vaincre leur ennemi, combattre leur peur, affronter leurs parents. Tout ce que vous avez décidé.  

Ne pas connaître l’arc de vos personnages, c’est naviguer à vue. Et c’est souvent comme ça que les incohérences se glissent, n’en déplaise aux prétendument auteurs touchés par la grâce qui se laissent guider uniquement par leur plume. Je l’ai entendu et lu souvent sur les forums par des personnes n’ayant écrit que de courts textes et jamais de roman entier. Je ne prétends pas que c’est impossible. J’affirme simplement que cela rend l’écriture d’une histoire d’heroic fantasy plus complexe. 

Finir un roman, c’est très difficile. Mais si vous avez hâte de retrouver vos personnages, l’essentiel du travail est déjà fait, car la motivation ne manquera pas. 

En attendant, je vous dis à très bientôt et écrivez bien.

À propos

Romain

Auteur passionné par l’heroic fantasy, j’aide aujourd’hui les romanciers à écrire leur roman. 

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