Romain Godest auteur
Romain Godest auteur

Faut-il bien maîtriser la langue française pour écrire un roman ?

Table des matières

De nombreux auteurs, jeunes ou moins jeunes, doutent de leurs capacités rédactionnelles. Faut il bien maîtriser la langue française pour écrire un roman ? Quel niveau d’orthographe, de conjugaison ou de syntaxe faut-il avoir ? Je mets à plat ces questions et vous explique mon propre parcours pour vous rassurer. 

Bien maîtriser la langue française selon quelle norme

Déjà, il faut bien comprendre ce que sous entend maîtriser la langue française. Chacun a sa propre appréciation du niveau soi-disant requis pour écrire un roman. Si vous échangez avec une professeure des écoles, un lecteur du dimanche, une lectrice assidue qui est exigeante ou pire, avec une personne gravitant dans les milieux élitistes parisiens où on aime les phrases avec des tournures interminables et alambiquées, les réponses seront différentes.

Les avis seront tranchés pour certains et indifférents pour d’autres. C’est vraiment une question d’appréciation. Malheureusement, cela peut déclencher chez certaines personnes, chez certains auteurs, un syndrome de l’imposteur. J’y consacrerais d’ailleurs un podcast. Vous pouvez ne pas vous sentir légitime et avez peur du jugement des autres. C’est normal. 

Mais il faut garder à l’esprit que vous écrivez une histoire.

Vous êtes là pour raconter une aventure. Alors bien sûr, il faut maîtriser certains aspects de la langue française. Mais l’objectif principal, c’est de créer des personnages captivants et de faire le récit d’une épopée, de susciter des émotions. Il y a une grande différence entre maîtriser la langue française et savoir raconter une histoire. Énormément de personnes douées en français, ou qui ont travaillé énormément, connaissent toutes les règles et subtilités, mais sont incapables d’écrire un roman.

Ne soyez donc pas trop dur avec vous-même. 

Maîtriser la langue française : le maître a parlé 

Stephen King, le maître de l’épouvante a écrit dans son ouvrage sur l’écriture : « Le but de la fiction n’est pas l’exactitude grammaticale, mais doit permettre au lecteur d’entrer (dans le roman) pour lui raconter une histoire ». 

C’est vraiment ça qu’il faut retenir. Votre mission, c’est de raconter une histoire, c’est de captiver le lecteur dans votre récit. Ainsi, il n’est pas nécessaire maîtriser la langue française parfaitement. De nombreuses règles sont incomprises et inutilisées dans la plupart des romans. 

Évidemment, il faut avoir une écriture fluide. La narration est importante dans sa forme. Si vous faites des fautes toutes les deux phrases, cela posera problème. Mais les coquilles sont courantes. 

Mon parcours semé d’embûches

Lorsque j’étais jeune j’étais un très mauvais élève en français. L’école en général ne m’intéressait pas et le français encore moins. J’avais des notes correctes en grammaire et conjugaison grâce au primaire, mais pour le reste, c’était catastrophique. 

Et lorsque j’ai passé mon bac de français, j’ai battu tous les records de mon lycée avec 3/20 à l’oral et 6/20 à l’écrit. 

Ma professeur de français se moquait de moi ouvertement et en parlait aux autres classes en me citant comme exemple à ne pas suivre. Mes bulletins scolaires étaient ponctués de petites remarques qu’elle trouvait amusantes sans se soucier de l’impact que cela pouvait avoir. Pour le coup, mon indifférence s’est avérée une réponse plus cinglante que toutes ces tournures destinées à me rabaisser et à elle se mettre en avant lors des conseils de classe. Vous noterez toutefois une certaine rancoeur né avec les années…

Toujours est il qu’à 27 ans ans, j’ai écrit mon premier roman et que j’ai publié en auto-édition. Deux ans plus tard, je signais avec un éditeur traditionnel, puis un autre. Aujourd’hui, j’ai publié quinze quinze ouvrages. 

Alors comment un élève médiocre en français a pu publier des romans ? La réponse est simple : j’étais et je suis toujours un grand lecteur. Car un auteur est forcément un grand lecteur. Si un romancier vous affirme qu’il ne le lit pas, car l n’a pas le temps, c’est prétentieux et stupide. Le fait de lire énormément parfait votre plume et vous donne de l’inspiration ou de la motivation. 

Et inconsciemment, nous nous nourrissons de toutes les règles grammaticales, des règles de syntaxe et nous mémorisons les tournures utilisées.

Pour bien maîtriser la langue française, il faut lire beaucoup. 

L’éditeur a des correcteurs

Un autre aspect à prendre en compte est que les éditeurs ont des correcteurs. 

C’est leur travail et chacun son métier. L’auteur est là pour écrire une histoire, raconter une aventure. L’éditeur est là pour la publier un ouvrage abouti et soigné. Nous touchons déjà la plus petite part du gâteau. Ce n’est pas à nous de faire tout le travail. 

Donc, un des boulots de l’éditeur est de corriger le roman. Évidemment, s’il est truffé de fautes, le manuscrit ne passera jamais. Cela va freiner la lecture, ça va être une gêne. Aussi, il serait irrespectueux de soumettre un manuscrit non corrigé à un comité de lecture. 

Autre point, s’il y a beaucoup d’erreurs de syntaxe, la lecture sera difficile et le travail de correction sera trop conséquent. Votre manuscrit sera sans doute refusé. 

Mais bon, si vous avez bien corrigé votre roman, que vous l’avez fait relire par vos béta lecteurs (2 ou 3 relectures en tout), vous pourrez soumettre un manuscrit qui sera publiable après l’intervention d’un correcteur professionnel.

Gardez à l’esprit que les éditeurs ont des correcteurs, c’est leur boulot. Vous vous doutez bien qu’ils ne vont pas refuser un roman avec une histoire fabuleuse et des personnages captivants uniquement parce qu’il y a 3 fautes dans un manuscrit de 400 pages. Ce serait ridicule et cela n’aurait aucun sens. L’éditeur c’est un professionnel dont l’objectif est de publier des livres. Il doit gagner sa vie avec son entreprise. Donc évidemment, si le livre lui plaît, quelques fautes ne seront pas du tout un problème.

Ainsi, il n’est pas nécessaire de bien maîtriser la langue française, d’un point de vue scolaire. Il faut avoir certaines bases qui sont acquises essentiellement par la lecture. Et si vous êtes un auteur dans l’âme, vous êtes forcément un grand lecteur. 

Je reste ouvert au débat, car je sais que les avis divergent sur ce point. L’important est de respecter les points de vue de chacun.

En attendant, je vous dis à très bientôt et écrivez bien.

À propos

Romain Godest

Auteur passionné par l’heroic fantasy, j’aide aujourd’hui les romanciers à écrire leur roman. 

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